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berenice-35 dans
Ma vie au Kansai. le 27 Janvier 2010 à 04:47
Uemura Shoen (1875 - 1949) est une artiste que j'ai découvert en travaillant sur une présentation pour mon cours d'Art japonais. Le thème de ma présentation est : Le Nihonga, et en particulier l'école Maruyama.
Le Nihonga est un mouvement artistique créé durant l'ère Meiji (1868-1912) qui est la période de l'histoire où le Japon commence à s'ouvrir au monde. En cette période, de nombreux artistes japonais s'étaient alors mis à imiter le style européen, dont Mitsutani Kunishiro ou Kuroda Seiki par exemple. On appelle ce genre leYooga (l'image de style étranger), et c'est en réaction au Yooga que nait le Nihonga.
Bon, je ne m'éternise pas sur la vie de Shoen, son aventure avec son professeur ou les prix qu'elle a pu recevoir. Je vais juste dire qu'elle fait donc partie des peintres Nihonga et est en particulier issue de l'école Maruyama, qui est une école de la région de Kyoto.
J'aime beaucoup cette artiste car, il faut le dire, j'ai d'abord été surprise par le fait que ce soit une femme. Il faut savoir que la société japonaise est traditionellement dominée par les hommes, et le fait qu'une femme soit reconnue dans le Nihonga qui est un mouvement très conservateur est exceptionnel.
A travers des représentaion de femmes, sujet favorit de Shoen, il y a un témoignage sur la vie que menaient les japonaises du début du XXe siècle ainsi que la mode de l'époque. Les kimonos sont mis en scène sous des traits raffinés et des postures élégantes de façon à ce que l'on puisse apprécier pleinement les motifs détaillés et la façon dont le vêtements tombe.
Voici quelques images pour illustrer (par contre je suis désolée, mais je n'ai ni les titres, ni la date des peintures car c'est assez difficile à trouver sur des sites internets en anglais...) :

J'ai choisi cette image car elle illustre bien le "plein/vide" des peintures japonaises.
Le "vide" c'est le 3/4 du tableau qui n'est un dégradé plus ou moins régulié, tâcheté par des flocons de neige; et le "plein" est la partie en bas à gauche du tableau où sont représentée les deux femmes. On peut aussi remarquer que ce "plein/vide" est aussi présent dans cette dernière partie avec par exemple le Obi (la ceinture) très détaillée qui contraste avec le tissus uni des kimonos, et il en va de même avec les parapluies dont l'interrieur d'un noir profond et le mécanisme complexe s'oppose à la blancheur pure et immaculée de la neige. Les têtes partagées entre des coiffures sophistiquées et le raffinement des visages évoquent aussi la duplicité "vide/plein".
Je n'ai jamais étudier le pourquoi de l'usage récurant de cette méthode dans la société japonaise, mais je l'expliquerais par le fait que le vide n'est pas néant dans la société japonaise. J'ai d'ailleurs appris il y a peu que la notion de "rien" n'existait pas dans la langue japonaise, et qu'il était difficile pour eux de le comprendre. Tout comme dans les vieux film japonais dont par exemple les films du fameux Akira Kurosawa, le silence fait partie intégrante du film.
Je dirais aussi qu'un espace nous permet de mieux apprécier le détail qui se trouve à côté, ainsi le détail nous permet d'apprécier l'espace. Comme le Yin et le Yang, l'un a besoin de l'autre pour créer l'harmonie.

J'aime beaucoup le sentiment d'appaisement qui s'échappe de cette peinture, alors que divers éléments pourraient le troubler. Par exemple bien que les couleurs sont claires, les oppositions de couleurs telles que le orange et le bleu ou le rouge et le vert ont pour habitude d'agresser.
J'aime aussi le mouvement présent dans l'image réalisé avec un trait fin et net.


Ces dernières représentations témoignent des activités des femmes de l'époque. La deuxième a été peinte durant la seconde guerre mondiale, elle est destinée à montrer aux femmes ce qui est bon de faire durant la guerre. En effet pour soutenir la nation, les femmes étaient encouragées à travailler durement au foyer tandis que les hommes combataient. Ici, une mère de famille répare une porte de la maison, les portes se déchirant autrefois facilement car elles étaient faites en bois et en papier.
Voilà je m'arrête ici, j'espère que j'ai réussi à vous transmettre un peu mon intérêt pour cette artiste. Sur ce, je m'en vais terminer ma présentation pour demain...